Vous sentez-vous seul.e en tant qu'hypersensible ?
L’hypersensibilité correspond à une perception accrue des stimuli sensoriels et émotionnels. Cette sensibilité particulière provoque des vécus intenses et profonds qui méritent d’être compris et respectés en tant que tels.
Une personne douée d’hypersensibilité ne peut effacer ses ressentis, au risque de se perdre elle-même.
En tant qu’hypersensible, je vis moi-même ces émotions particulièrement intenses et suis par conséquent d’autant plus en mesure de comprendre intimement ce que vous traversez. Ne restez plus seul.e avec ce que vous ressentez.
En parler en se sentant pleinement accueilli.e dans toutes ses dimensions apaise et permet de co-construire ensemble des moyens pour avancer plus sereinement sur votre chemin.
Vivre dans ce monde de performances où les attentes sociétales exercent une forte pression concernant le comportement attendu peut-être particulièrement éprouvant pour un.e hypersensible.
On peut avoir tendance à se sentir trop : trop intense, trop émotif, trop sensible. En particulier face à un entourage qui ne comprends pas ce que l’on traverse. Ce vécu de solitude peut accroître la souffrance ressentie dans les phases de chaos.
Mieux comprendre son propre fonctionnement favorise la prise de conscience de tout le potentiel que recèle cette hypersensibilité.
L'hypersensible face aux faux semblants
Nos antennes d’hypersensible nous permettent de capter, souvent bien malgré nous, de multiples informations.
Combien de fois par jour remarquez-vous qu’une de vos connaissances est dévastée par la tristesse, l’angoisse ou l’anxiété alors que celle-ci fige un faux sourire sur son visage tout en vous disant qu’elle va bien ? Ses yeux humides retiennent des larmes, son regard est évitant, les muscles de son visage sont figés, sa bouche s’étire vers le bas et elle soupire sans même s’en rendre compte.
Et vous, vous ressentez intérieurement sa gorge serrée, son mal-être intérieur et sa lourdeur. Il se peut que vous l’ayez ressenti en entrant dans la pièce, avant même de croiser son regard. Mais celle-ci s’entête à conserver maladroitement son masque et à prétendre aller bien. L’entourage paraît ne pas s’en rendre compte, vous êtes seul.e à voir et sentir ce qui se passe.

Que se passe-t-il à l’intérieur de vous dans ces moments-là ? Cette dissonance cognitive vous met à mal : deux réalités se percutent. Si vous insistez, la personne en face de vous peut se braquer, voire se moquer de vous afin de protéger son grand secret, qui vous saute pourtant au visage et dans le cœur.
Se questionner sur ses ressentis est bien sûr une étape cruciale. Il arrive que l’on projette ses propres vécus sur autrui : lorsque l’on est en colère tout le monde semble être contre nous. Il est donc important de rester à l’écoute de ses propres émotions pour ne pas tout mélanger.
Une fois ce tri fait, que faire de ces informations qui semblent déranger les personnes qui nous les envoient sans le vouloir. Les masques tombent, impossible de faire semblant : en tant qu’hypersensibles, nous voyons au travers. Et bien rappelons nous que c’est un don qui nous permet de mieux comprendre là où en sont ceux qui nous entourent.
Cependant, nous ne pouvons pas les forcer à se confier, à s’autoriser à exprimer pleinement ce qu’ils ressentent ni à s’accepter. Mais nous sommes présents, et conscients pour le jour où ils se sentiront prêts. Prêts à affronter la vérité qui les anime.
En attendant, percevoir les souffrances d’autrui peut nous permettre de développer notre compassion et notre bienveillance, tout en respectant les fragilités de chacun. En commençant par les nôtres. Cette prise de recul sur les évènements du quotidien, au prisme des émotions traversées par chacun permet souvent de relativiser sur les comportements des uns et des autres. Ce qui est utile dans de nombreuses situations.
Comprendre que Josette est exécrable aujourd’hui au vu de l’angoisse dans laquelle elle se trouve, permet de ne pas me sentir victime de son attitude. Celle-ci doit avoir des préoccupations personnelles qui impactent son comportement envers les autres. Je n’y suis pour rien, donc pas besoin de le prendre pour moi. Je peux me recentrer sur ma journée et mon vécu sans me laisser atteindre par sa langue de vipère ! Son attitude reflète son état intérieur.
Percevoir l’autre dans sa vérité peut-être déstabilisant, mais c’est un atout indéniable pour vivre en société. Cela nous rapproche des valeurs qui ont parfois été trop longtemps laissées de côtés : empathie, compassion, respect, écoute et bienveillance.
Cher.e.s hypersensibles, ne vous fermez pas, gardez vos cœurs ouverts : la sensibilité est une grande force. Pour la connaissance de soi et la rencontre d’autrui.
